PACTE D’ACCEPTATION…

Un pacte d’acceptation 

De la fenêtre du huitième étage, je contemple les congères immaculées. Dieu qu’il a neigé cet hiver! Je savoure cet instant où je prends conscience que le chaud et le froid se tiennent côte à côte, séparés que par un mince panneau de verre. Dans le confort de mon appartement, il m’est aisé de trouver magnifique cet espace tapissé jusqu’à l’horizon d’un épais velours blanc. 

Une douce quiétude envahit mon esprit, quoique se réveille par moments l’écho sournois des mauvais jours, le douloureux tumulte de ces derniers temps. Hier encore, je m’apitoyais sur moi‑même et je m’attristais sur le sort de ce monde! J’ai éprouvé de la colère et parfois le désespoir. Je me suis fâchée, je me suis rebellée, mais J’ai aussi pris le tems de réfléchir. J’ai pris le temps d’essayer de comprendre. Et maintenant, tout me semble clair. Nul ne pourra empêcher que marchent côte à côte l’hiver et le printemps, le chaud et le froid, le riche et l’indigent, le débauché et le bigot, le profiteur et l’opprimé, le juste et le mécréant, le bien portant et le mourant, le bienheureux et le désespéré.

J’ai longuement réfléchi, et j’ai enfin compris: le négatif est nécessaire, tout autant que le positif. Cela doit sûrement faire partie du plan ultime, ce plan dont nul ne connaît la teneur et que je ne puis qu’accepter!

Tout comme le roseau

 Se plier au gré du vent

Puis se relever

 Ainsi donc, j’accepte! Je n’ai pas le choix, j’accepte! À mon corps défendant, j’accepte. C’est difficile d’accepter, mais j’accepte quand même. Car il arrive parfois qu’entre le jour et la nuit s’interpose un merveilleux crépuscule; qu’à travers la dissonance, l’on puisse déceler d’émouvantes harmonies; et que dans le chaos le plus infernal, subsiste une place au bonheur.

La Providence a sa propre sagesse. Sans doute que le mal et le bien sont tous les deux nécessaires. Qui suis‑je pour contester cela? Je ne puis qu’observer! Alors j’observe: je me rends compte que les multiples guerres et les innombrables calamités n’ont pas pu réussir à briser l’âme humaine. Je me rends compte qu’entre l’enfance et la vieillesse, se vit notre jeunesse. Et que l’amour est bien plus fort que tout!

De la fenêtre du huitième étage, j’observe la neige dans toute sa majesté. Et je salue sa beauté éphémère, car j’ai cette assurance que notre cher printemps reviendra. Le printemps sera bientôt là; nous n’avons qu’à passer l’hiver! 

 

(Extrait d’Impossible retour, d’Anna Fayonna)

 

 

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